Deux chercheurs de la prestigieuse université de Stanford en Californie ont mis au point un modèle qui permet de détecter quand un patron ment.
Amis syndicalistes, je sais que vous n’avez pas besoin d’un tel instrument. Mais pour les investisseurs qui n’ont pas votre discernement (et vos convictions), il peut s’avérer très utile.
Voici quelques trucs tirés de cette étude de 68 pages qui premettent déterminer si le CEO qui répond à vos questions lors d’une conférence téléphonique sur ses résultats est un menteur.
-->Il utilise très peu de mots qui reflètent des émotions plutôt neutres comme aimer, bien, accepter, …
-->Au contraire, il se gargarise de mots qui reflètent des émotions positives extrêmes comme fantastique, génial, définitivement,…
-->Il fait moins référence aux actionnaires et à la création de valeur.
-->Il a beaucoup recours à des expressions englobantes comme "tout le monde sait bien que" ou les "actionnaires savent depuis longtemps que".
-->Il fait peu référence à lui-même mais utilise régulièrement la troisième personne du pluriel et des pronoms impersonnels.
-->Il limite également les références aux émotions très négatives ( des mots comme abominable, calamiteux, nuisible,…) et ne ponctue pas ses phrases de ah et de euhhh.
Amis syndicalistes, je sais que vous n’avez pas besoin d’un tel instrument. Mais pour les investisseurs qui n’ont pas votre discernement (et vos convictions), il peut s’avérer très utile.
Voici quelques trucs tirés de cette étude de 68 pages qui premettent déterminer si le CEO qui répond à vos questions lors d’une conférence téléphonique sur ses résultats est un menteur.
-->Il utilise très peu de mots qui reflètent des émotions plutôt neutres comme aimer, bien, accepter, …
-->Au contraire, il se gargarise de mots qui reflètent des émotions positives extrêmes comme fantastique, génial, définitivement,…
-->Il fait moins référence aux actionnaires et à la création de valeur.
-->Il a beaucoup recours à des expressions englobantes comme "tout le monde sait bien que" ou les "actionnaires savent depuis longtemps que".
-->Il fait peu référence à lui-même mais utilise régulièrement la troisième personne du pluriel et des pronoms impersonnels.
-->Il limite également les références aux émotions très négatives ( des mots comme abominable, calamiteux, nuisible,…) et ne ponctue pas ses phrases de ah et de euhhh.
Vous avez reconnu quelqu'un? N'hésitez pas à laisser des noms... et des preuves!
Pour arriver à ces conclusions David Larcker et Anastasia Zakolyukina ont analysé via différents modèles tous les comptes rendus disponibles des conference call des sociétés américaines entre 2003 et 2007, soit 29.663 documents.
Leur attention a été focalisée sur la séance de questions et réponses plus spontanée que la présentation des résultats, proprement dite.
Pour arriver à ces conclusions David Larcker et Anastasia Zakolyukina ont analysé via différents modèles tous les comptes rendus disponibles des conference call des sociétés américaines entre 2003 et 2007, soit 29.663 documents.
Leur attention a été focalisée sur la séance de questions et réponses plus spontanée que la présentation des résultats, proprement dite.
Ils ont passé au crible les comptes trimestriels susceptibles d’être trafiqués en retenant deux types d’élément : des critères généraux (changement de reviseur, dépôt tardif de documents légaux, …) et des critères quantitatifs (différence entre chiffres présentés et ceux retraités dans les mois qui suivent).
Dans le tableau suivant, la première colonne après les années représente le nombre de documents examinés, la 2e le nombre de documents trafiqués en fonction des critères généraux, la 3e le pourcentage par rapport à l’ensemble. Les colonnes suivantesreprennent les critères quantitatifs.

(Source: Detecting Deceptive Discussions in Coference Calls. David Larcker et Anastasia Zakolyukina)
En prenant les critères les plus larges, on constate donc que 13,6% des comptes trimestriels ne sont pas nets. Et chez certains, c’est devenu récurrent puisque 70% des entreprises ayant au moins un rapport trimestriel trompeur ne se limitent pas à ce coup d’essai !
Dans le tableau suivant, la première colonne après les années représente le nombre de documents examinés, la 2e le nombre de documents trafiqués en fonction des critères généraux, la 3e le pourcentage par rapport à l’ensemble. Les colonnes suivantesreprennent les critères quantitatifs.
(Source: Detecting Deceptive Discussions in Coference Calls. David Larcker et Anastasia Zakolyukina)
En prenant les critères les plus larges, on constate donc que 13,6% des comptes trimestriels ne sont pas nets. Et chez certains, c’est devenu récurrent puisque 70% des entreprises ayant au moins un rapport trimestriel trompeur ne se limitent pas à ce coup d’essai !
Dans leurs conclusions, les deux universitaires tempèrent un peu leur propos (ben oui, comme beaucoup de monde, ils ont aussi un patron). « Nous ne sommes pas complètement sûrs que le directeur général était au courant des manipulations des chiffres lorsqu’il répondait aux questions lors de la conférence téléphonique. »
Paru dans LECHO




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